Volontariat

Vous pouvez trouver des missions à pourvoir sur le site du Service CiviqueL'ABEJ recrute régulièrement des jeunes en service civique. 
 

Deux jeunes en service civique à la Halte de Nuit



Entretien avec un jeune en service civique
Entretien réalisé en 2013
 

 
"La vie des autres"

Javier est un jeune Européen : espagnol, il a commencé ses études en Espagne et les a terminées en Allemagne.  Il a multiplié les expériences professionnelles à Berlin et, depuis, s'est engagé dans un service volontaire européen (via l'association Visa) qu'il effectue à l'Abej.  Il habite la pension de famille (anciennement Maison Relais) Martin Luther King pour dix mois, de septembre 2013 à juillet 2014

"Parfois, il nous est vraiment difficile de nous imaginer la vie des personnes qui nous entourent, mais que nous ne connaissons pas réellement, et parfois nous considérons que les choses sont comme elles sont, sans aller plus loin.  C'est particulièrement vrai dans le cas des personnes que la vie a mises en difficulté de plusieurs manières, comme celles que j'ai rencontrées à mon arrivée à la pension de famille Martin Luther King à Lille, avec lesquelles je vis actuellement et cohabiterai jusqu'au mois de juillet.  Avant tout, je souhaite prévenir que les lignes qui suivent traduisent uniquement ma vision des choses, et je ne vis que depuis peu dans la pension de famille.  Malgré cela, c'est déjà une expérience intense. 

"Je suis arrivé sans peur, mais avec un peu de méfiance, ne sachant pas trop ce qui m'attendait, hormis le fait de savoir que je vivrais durant dix mois avec ces personnes.  Et maintenant, je dois dire que je me sens chanceux et reconnaissant envers la vie qui m'a montré ce qui se cache réellement dans des lieux comme celui-ci.  Généralement, nous avons l'habitude de penser que les personnes en grande précarité ou qui ont connu la rue n'ont rien à voir avec nous et avec notre monde, elles nous semblent très loin de notre réalité... La vie et le fait de connaître ces personnes m'ont aidé à me rendre compte que nous sommes tous des candidats potentiels à avoir toutes sortes de problèmes dans la vie. 

"J'ai eu la chance de me lier d'amitié rapidement avec une grande partie des habitants du bâtiment et de pouvoir connaître d'un peu plus près leur histoire et comment ils sont en réalité.  Et je dois dire que ce sont des personnes normales, comme celles que nous rencontrons tous les jours dans la rue.  C'est ensuite le propre de la vie et de ses différents méandres qui modèlent chaque être en particulier.  Ici cohabitent toute sorte de personnes, de divers âges et origines, avec divers problèmes sociaux et personnels, comme ceux auxquels nous pourrions tous être confrontés dans le futur. 


Se cramponner à la vie pour sortir de la pauvreté

"Moi, à 28 ans, je sais ce que c'est d'avoir des problèmes sociaux et personnels, je sais également que pour l'instant j'ai été chanceux de ne pas être tombés dans certains pièges sociaux comme la drogue ou l'alcool, mais je sais également que nous n'avons pas tous la même chance, que nous ne sommes pas tous aussi forts, ou que simplement les circonstances ont joué en notre faveur.  Mais nous ne devons pas oublier que la vie va et vient et nous ne saurons jamais ce qui peut arriver.  Pour cela, il me semble important de connaître de plus près des personnes comme celles avec qui j'habite, des personnes en chair et en os.  Les personnes en difficulté ou pauvres sont nombreuses et constituent également une partie de cette réalité appellée la vie.  Certaines, celles qui ont pu résoudre ou alléger leurs problèmes, sont un exemple de surpassement.  Elles essaient jour après jour de laisser derrière elles leurs problèmes et de se cramponner à la vie.  C'est une tâche très dure, si dure que nous, qui bénéficions d'une vie de meilleure qualité, nous ne pouvons pas nous l'imaginer. 

"Je pense profondément que pour se réaliser comme personne et être humain, nous devons connaître toutes les réalités qui existent dans la vie, les bonnes comme les moins bonnes et les mauvaises.  Pour cela je me sens chanceux et heureux d'être arrivé dans un endroit comme celui-ci et de pouvoir connaître de plus près la vie de toutes ces personnes, la vie des autres."

 
Propos recueillis par Anne Bruneau
Texte traduit de l'espagnol avec le concours de Félicité Winterberger

 


 
 

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